Mot du Père Abbé

L’évangile des disciples d’Emmaüs (Luc 24, 13-35) nous invite à réfléchir sur la présence du Seigneur ressuscité dans la situation présente de notre monde aux prises avec la pandémie.

Dans le contexte anxiogène où nous vivons, la présence du Seigneur Ressuscité devrait être l’objet de notre prière pour ceux et celles qui vivent dans le confinement et surtout pour les personnes concernées directement ou indirectement par la Covid-19. C’est notre devoir particulier à nous moines qui vivons dans un environnement protégé et privilégié.

Quand les points de repère se rétrécissent dans une vie, quand le brouillard de la peur, du doute, de la déception, de la perte de toute confiance et de toute foi nous envahissent, l’expérience de Cléophas et de son compagnon de route nous rappelle que Jésus, malgré les apparences, n’est pas loin, qu’il suffit que l’on ait un cœur moins replié sur sa peine, quelle qu’elle soit, pour que la présence de Jésus, avec la puissance de sa croix, s’introduise dans le cœur et vienne faire route avec nous.

Nous aussi, nous avons besoin que le Seigneur reste avec nous. Le confinement que nous vivons n’est pas sans engendrer en nous, d’une manière ou d’une autre des tensions qui peuvent se jeter là où nous sommes faibles et vulnérables et se traduire en mouvements de susceptibilité, de critique, d’illusions sur soi-même et les autres.

Jésus est celui qui restaure les désolés. Prions pour les désolés de toutes sortes durant ce temps d’arrêt qui ne devrait pas être seulement un temps mort mais un temps de retrouvaille de notre foi engourdie. Jésus a restauré la foi ébranlée de Thomas.

Il a raffermi la désolation de Marie de Magdala. Il a changé en joie la déception des disciples d’Emmaüs. Jésus a une parole de reproche mais aussi d’encouragement pour ceux et celles qui doutent. Il a une parole de réveil pour toucher les cœurs et raffermir la conscience des déçus.

+ f. André Laberge, abbé de Saint-Benoît-du-Lac.