Le moine est l’homme qui désire entrer en dialogue avec Dieu et demeurer, tout au long de la journée, en dialogue avec lui. Pour parvenir à ce but, plusieurs moyens sont à sa disposition : prière, recueillement, silence intérieur, sacrements, mais aussi lecture de la Parole de Dieu, que l’on appelle d’un terme savant lectio divina, lecture divine. Les textes variés que nous ont transmis nos prédécesseurs dans la foi et qui sont réunis dans la Bible, sont de fait la Parole que Dieu nous a laissée pour entrer en dialogue avec lui. C’est là qu’il se révèle d’une façon particulière. Mais pour en faire l’expérience, il faut la lire d’une façon attentive, méditative, aimante. Des fois, il ne s’agit que d’un mot ou d’un verset pour que tout d’un coup Dieu se présente à nous, que Dieu se rappelle à notre mémoire. Combien de fois, avons-nous expérimenté, au détour d’une page, une parole réconfortante ou éclairante, une incitation à poursuivre la route, à avancer en eaux profondes, comme le disait Jésus à ses disciples (cf. Lc 5,4). Ainsi, pour notre foi, pour notre vie spirituelle, la Parole de Dieu se révèle une nourriture inépuisable.

Dans un moment de détresse, par exemple, lorsque nous pensons que Dieu nous a oubliés, nous lisons ce très beau texte du livre d’Isaïe : « Sion disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée ! » La femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas ! Voici que sur mes paumes je t’ai gravé » (Is 49,14-16a).

Quelques fois aussi, ou peut-être souvent, nous nous trouvons dans le doute et nous ne savons plus quelle direction nous devons prendre dans la vie. Alors le Seigneur Jésus nous dit par l’entremise de l’évangéliste saint Jean : « Moi je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6).

Et on pourrait multiplier à l’infini de tels exemples, tant il est vrai que pour chaque circonstance de notre vie, il y a une parole de Dieu qui nous attend pour nous faire avancer toujours davantage vers le Royaume. À nous d’en faire l’expérience !

F. Christian M.